Tu te rappelle de la première fois qu'on s'est parlés ? La douleur de ton pied dans mes côtes me reviens quand j'y repense...
Pourquoi fallait-il qu'on se retrouve ensemble en cour de musique, et l'un à côté de l'autre ?
La salle était grande, mais le piano la batterie et les amplis prenaient toute la place. Du coup, les tables étaient réparties contre les murs, et formaient un u, pour laisser de la place au milieu de la salle.
- Oh, je vois que nous avons une nouvelle élève, et charmante en plus, s'exclama le professeur de musique. Qui peut lui expliquer ce que nous avons fait précédemment ?
Une charmante demoiselle se proposa et lui expliqua clairement que le thème de ce mois-ci était « les musiques de film », et qu'aujourd'hui, les personnes intéressées pouvaient présenter un morceau. Mais Haru ne semblait pas porter la moindre attention à la jeune fille.
- Merci, reprit le professeur. Y a-t-il des volontaires ?
- Je veux bien passer, proposa Haru d'une petite voix glaciale.
- Bien, je vois que tu n'as pas d'instrument, je vais t'en prêter. Qu'utilises tu ?
Après un bref coup d'½il dans la salle, elle désigna le piano. Le professeur sourit, puis Haru s'installa au piano.
- Je vais vous interpréter le duo de piano de « Corpse Bride ».
Puis, sans attendre la moindre réponse, elle commença son morceau. Ses doigts semblaient caresser le clavier. Elle le parcourait avec des gestes félins. Le son produit n'en était que majestueux. Ma tête se vida de toutes pensées, et mon c½ur battait au rythme de la musique. Le morceau se finit trop tôt. Tout le monde resta sans voix pour je ne sais quelle raison.
- Hum... C'est pas suffisant pour être noté ?
- Si, intervint le professeur. Mais si tu veux continuer vas-y !
- Désolée, mais je n'ai pas d'autres morceaux sur le moment.
Puis, elle retourna s'asseoir. Deux autres élèves passèrent dans l'heure. Mais j' n'y fit guère attention.
L'heure se termina, et elle me heurta en se levant, mais ne s'excusa pas. Elle n'avait même pas regardé dans ma direction ! Je voulu la suivre, mais la perdis dans les couloirs en heurtant Tanaka.
- Bah qu'est-ce que tu fais toi, me demanda-t-il.
- Je voulais essayer de parler à Haru. Mais dis moi, tu la connais ou non ?
- Peut être, mais apparemment elle ne veut pas t'approcher. Donc laisse tomber !
- Tu sais des choses sur elle ? Donc tu la connais !
- Je ne te dirais rien, démerde toi.
Puis son portable se mit à sonner, alors je partis de nouveau à la recherche d'Haru. Je ne la trouvai point. Je la revis en cours, puis la journée se termina, et quand je sortis de la classe, elle était déjà partie. J'errai alors dans les rues sombres de Kyoto. Je ne pensais pas vraiment à quelque chose, mais ne me préoccupait pas de ce qui m'entourais non plus. Mais un bruit attira mon attention.
- Laissez moi !
Une petite voix féminine venait de crier au coin d'une petite ruelle. Cette voix m'était étrangement familière. Je m'approchai alors, et vis Haru encerclée de trois hommes douteux. Ils essayaient de la toucher, alors je m'interposai car elle semblait être en danger. Je ne sais pas ce qui se serait passé su je n'avais pas pris des cours d'arts martiaux. Je frappai deux des homme jusqu'à les mettre à terre et éloigna l'autre. Mais Haru se retourna, sembla me regarder d'un regard noir derrière sa belle crinière, et m'enfonça violement son pied dans mes côtes.
- J'ai pas besoin de ton aide...
Alors que deux des hommes revenaient à la charge, elle les assomma d'un puissant coup de pied.
- Cinq ans de taijutsu et de kendo, m'expliqua-t-elle. Aucune aide ne m'est nécessaire.
Je me relevai difficilement, mais oubliai ma douleur pour essayer de l'aider. Nous vînmes à bout des cinq hommes étranges en peu de temps, puis nous nous éloignâmes. Mais Haru tenta à nouveau de me fuir.
- Attends ! Ne rentre pas toute seule après ce qui t'es arrivé !
- Ecoute, je pouvais me débrouiller seule, et tu ne m'inspires pas confiance non plus, avec tes lunettes de soleil même quand il fait noir, alors laisse moi, veux tu ?
- Attends !
Je l'attrapa par le bras, mais elle se débâtit et nous tombâmes, moi sur elle. Mes lunettes tombèrent, et mes yeux à découvert, je vis les siens entre deux mèches. Ses yeux étaient d'une sorte de doré magnifique. Si nous restâmes plusieurs minutes à contempler le regard de l'autre, je finis par me relever, puis l'aida. Elle remis sa frange, moi mes lunettes, et elle ne sortit que d'une petite voix :
- Tu as des yeux bleus magnifiques...
C'était donc ça qui la rendait différente, et qu'elle cachait. Elle était métisse, tout comme moi, et avait honte de le montrer. Mon c½ur s'accéléra. Je la raccompagnai jusqu'à chez elle, mais nous n'échangeâmes aucun mot durant le chemin. Et lorsque nous nous quittâmes, elle ne me salua que de la main, avant de disparaitre dans la petite mais charmante maison qu'elle habitait.
Une fois chez moi, je ne fis même pas attention à mes parents qui me sermonnaient pour mon retard. Je montai dans ma chambre, et m'empara du téléphone, pour appeler Tanaka.
- Allo, Sano ? Pourquoi m'appelle tu à cette heure ci ? T'as encore des emmerdes ?
- Non, je voulais te demander un truc, un peu embarrassant.
- Qu'est-ce que t'as ?
- Comment sait-on que l'on est amoureux ?
- Non... Toi, Sanosuke le grand tombeur sans c½ur tu es amoureux ? C'est Haru c'est ça ?
- En quelques sortes...
- Laisse tout de suite tomber, c'est une tête de mule, et depuis qu'elle est arrivée ici, elle s'est forgée une sorte de coquille.
- Ha ! Ça veut dire que tu la connais !
- Bien sur, c'est ma meilleure amie depuis qu'on est gosses !
- Et tu m'as rien dit ?
- J'en voyais pas l'intérêt. Bon, tu veux savoir si elle t'aime ?
- Eh bien...
- Vas lui demander par toi-même, mais j'ai peur que la réponse soit négative. Mais qu'est-ce qui t'attire chez elle ? Parce qu'à part le fait que ce sot une folle furieuse, elle est banale.
- Elle est mystérieuse, et... Ses yeux sont... Magnifiques...
- Tu as vu ses yeux ?